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Faire et défaire : corset piqué 1880

Faire et défaire : corset piqué 1880

Bonjour tout le monde ! Juste avant de devoir refaire tous mes cartons pour mon déménagement j’ai eu envie de m’attaquer à un dernier projet en attente, à savoir les retouches de mon corset piqué 1880. En effet, ayant dû le reporter pour les photos 

Sauver Felindra de la catastrophe grâce à Ségur

Sauver Felindra de la catastrophe grâce à Ségur

Bonjour à toutes et tous ! Le projet dont je vais vous parler aujourd’hui a été commencé l’été dernier et m’a donné tellement de fil à retordre que je ne l’ai terminé que le weekend dernier (et encore pas du tout comme il devait l’être 

Une tenue populaire 1850

Une tenue populaire 1850

Bonjour tout le monde ! Me voici de retour avec un nouveau projet de costume, abandonné dans un coin depuis 2015 et enfin terminé durant ce confinement ! Comme cela m’arrive assez régulièrement j’avais commencé par la jupe et renoncé devant la perspective de patronage du corsage. N’étant pas la reine du patronage, je suis souvent assez insatisfaite du résultat en particulier au niveau de la fermeture devant et des emmanchures. Je vous le dis tout de suite, cette tenue ne fait pas exception ! Mais avant de vous en parler, petit retour en arrière…

La robe populaire 1850, retour en arrière

L’envie de me faire cette robe était née d’une photo de patiente psychiatrique conservée au MET, à peu près concomitante à l’achat de deux coupons de 3 mètres d’un drap de coton à carreaux bleu et marron. Vous pouvez lire mon article assez complet de 2015 sur la construction de cette jupe et de ses plis canons : ici.

photographie patiente HP en 1850 tenue populaire
Mon inspiration principale : Patient, Surrey County Lunatic Asylum by Hugh Welch Diamond (British, 1808–1886) Date: 1850–58 MET
Vous pouvez voir l’image en HD directement sur le site du MET : ici

Pour résumé, j’avais coupé un grand rectangle de 3 mètres de long, que j’avais doublé avec différents tissus de mon stock pour faire une doublure piécée, tout plissé à la main puis monté les plis canons sur une ceinture. Premier hic : le tour de taille prévu, parce qu’entre 2015 et 2020 j’ai pris quelques centimètres de tour de taille. Pas énormément, mais suffisamment pour que ce soit un peu juste à fermer. C’est un peu dommage, mais j’ai renoncé à tout défaire dans la mesure où je ne porte mes costumes que pour des shootings. Au pire du pire, si je ne peux vraiment plus rentrer dedans, je le vendrai à une GNiste en mal de tenue western.

Cette jupe je l’ai trimballée de déménagement en déménagement dans l’espoir de terminer la robe, mais ce n’est donc que grâce à ce confinement 2020 que je m’y suis enfin mise. Je croyais la jupe complètement finie, mais je me suis aperçue, un peu agacée par mon moi du passé, que, n’ayant pas assez de tissu pour la doublure, j’avais laissé une petite partie à cru sur l’envers. Ce qui était acceptable pour moi il y a 5 ans ne l’est plus du tout aujourd’hui, j’ai donc commencé par ajouter des patchs de chutes de mon tissu principal sur les trous de ma doublure. J’aime bien faire ce genre de rapiéçage au point de chausson devant une série. Je ne sais pas vous, mais moi je trouve ça très relaxant. Bref, une fois cette petite finition opérée, je me suis attaquée à la toile du corsage, ce qui ne fut pas une mince affaire…

doublure piécée de la robe 1850
Un aperçu de la doublure en patchwork de la jupe.

Des toiles, des toiles, encore des toiles

Comme je n’ai pas de connaissances en modélisme, ma technique de patronage c’est celle de l’essai/erreur. Je pars d’une base de patron à plat existante et je fais des modifications sur papier en fonction de ce que je veux obtenir avant de faire une première toile. Après essayage de la toile je constate les problèmes et je continue à tâtonner de cette manière pour essayer de les régler. Cela peut donc prendre un certain temps…

Je me suis rendue compte cependant que le fait d’avoir arrêté le costume un temps pour me consacrer à la couture de vêtements parfois un peu techniques (manteau, veste, pantalon…), m’a tout de même fait progresser. Cela dit, les emmanchures sont et resteront sans doute pour toujours ma bête noire. Laissez-moi vous dire que celles-ci m’ont bien fait galérer !

Pour le corsage de cette robe, je suis donc partie du corsage de ma robe de deuil/ »Jane Eyre » en pensant qu’il était à ma taille et qu’il serait une bonne base et je lui ai associé le patron de manches coudées de mon manteau de robe à la polonaise, légèrement élargies.

Robe de deuil
Le patron de corsage dont je suis partie, lui-même issu je pense du patron Simplicity de ma première robe à crinoline

La première toile m’a permis de me rendre compte que j’avais quand même grossi, en particulier au niveau de la poitrine, et qu’il me manquait en fait plusieurs centimètre de tissu pour pouvoir la fermer. Vous constatez ma témérité en coupant ma première toile directement dans mon tissu, me disant que les modifications seraient minimes : après coup j’ai envie de me LOLer à la face. Et par la suite je n’ai évidemment pas reproduit la même erreur.

première toile pour le corsage 1850
La toile qui devait être « portable ». Il manque beaucoup trop de centimètres pour la fermer et les emmanchures ne vont pas du tout !

Outre le problème de taille, cette première toile m’a permis de noter que les emmanchures étaient très inconfortables, pas assez creusées vers l’avant et qu’elles ne me permettaient pas de lever les bras. Pour une robe de travail, cela paraît quand même assez gênant. La pince devant et les manches, elles me paraissaient plutôt réussies, mais la tête de manche était quand même un peu trop basse donc j’ai essayé de le corriger avec ma deuxième toile.

Je n’ai pas de photo de la deuxième toile, qui ne corrigeait aucun de ces problèmes convenablement, mais elle a mis au jour une autre difficulté qui était d’arriver à gérer la différence entre le surplus de tissu à l’encolure et le manque de tissu au niveau de la poitrine. J’ai finalement décidé de courber légèrement la ligne du milieu devant plutôt que de la laisser droite. Honnêtement je ne sais pas si cela correspond aux patrons d’époque, mais je ne savais vraiment pas comment faire autrement.

troisième toile du corsage 1850
Troisième toile, toujours peu satisfaisante : elle est encore un peu juste pour être correctement fermée et les pinces devant ne sont pas bien placées

Au bout de la troisième toile et plusieurs essais de manche (parce qu’avoir modifié l’emmanchure a fait que les manches coudées très réussies du début ne fonctionnaient plus du tout), j’avoue que j’en ai eu un peu marre. Cela me paraissait à peu près correct, du coup j’ai décidé de couper la version définitive dans mon tissu (l’impatience…). Or avec les dernières modifications et à dire vrai je ne sais pas trop pour quelle raison je me suis retrouvée avec beaucoup plus de tissu que prévu devant (à peu près 4 cm de trop de chaque côté qui dépassaient de la ceinture) du coup j’ai dû faire une 2e pince alors que je n’en prévoyais qu’une initialement. Sur les photos les pinces ne me donnent pas vraiment satisfaction, elles ne sont pas symétriques et pas très discrètes, elles mériteraient sans doute d’être corrigées, mais elles resteront comme ça pour le moment.

corsage 1850 définitif mais trop de tissu devant
On voit sur cette photo le surplus de tissu à l’avant qui appelle clairement une deuxième pince.
gros plan sur la fermeture devant
Vues d’ici les pinces ne paraissent pas si moches pourtant

Les emmanchures ne sont pas totalement satisfaisantes non plus et les manches un peu ratées. Je ne sais pas trop à quoi c’est dû mais je pense que je reprendrai cette base à modifier pour mes futurs corsages 1880 pour essayer de comprendre.

robe populaire 1850
Le résultat définitif (en tout cas pour l’instant) : les pinces ne sont pas belles, elles montent peut-être quelques centimètres trop haut et la manche plisse.
dos de la robe populaire 1850
Le dos plisse trop à mon goût. J’ai envie de dire : problème récurrent chez moi et ça m’agace de ne pas avoir su le corriger avec mes toiles !

Et si je faisais un bonnet cordé ?

Une fois la robe terminée, je ne pouvais pas rester tête nue sur les photos en extérieur. Déjà parce que ça paraît assez peu crédible d’un point de vue historique, mais aussi parce que j’ai peu de cheveux, qu’ils sont pénibles à coiffer et que vraiment le meilleur moyen de les dompter est encore de les masquer sous une coiffe.

En outre depuis très très longtemps j’adore les bonnets de soleil en tissu et j’ai toujours eu très envie de m’en faire un. Chacun·e sa passion dans la vie, moi ce sont les coiffes ridicules (enfin je dis « ridicules », mais moi je les adore vraiment ces coiffes). Bref, j’avais envie de me faire un bonnet d’été. J’ai donc cherché quelques inspirations sur Pinterest et je suis tombée sur un bonnet cordé, qui m’a tout de suite tapé dans l’œil. Ça fait un moment que j’ai envie d’essayer la technique du cordé et la vidéo de Green Martha sur son corset a ravivé mon envie pile au bon moment ! (Au passage je vous recommande vraiment la chaîne Youtube de Green Martha que, personnellement, j’adore)

Je suis partie à la recherche de tissu et de corde et j’ai trouvé mon bonheur dans les réserves de mes parents : une vieille chemisette de lin écrue ayant appartenu à mon père et de la cordelette de bricolage absolument idéale.

Pour dessiner le patron, j’ai tout autant tâtonné au pif que pour le corsage et je pense que la calotte n’est pas idéale telle quelle. Je n’en suis pas encore sûre, mais il est possible que je me motive à écrire un billet de blog spécifique sur le bonnet pour vous partager mon patron même s’il n’est pas parfait. Ce que j’appelle le bavolet (c’est-à-dire la bande de tissu pour cacher la nuque du soleil) est trop court. Je m’en doutais en le coupant, mais j’étais un peu limitée en tissu et j’avais peur qu’en le faisant trop long cela masque un peu trop la robe. Pour le moment je laisse comme ça, nous verrons si j’ai un jour la motivation pour le reprendre. Au passage je doute que « bavolet » soit le bon terme, mais je ne connais pas la dénomination exacte donc n’hésitez pas à m’éclairer de vos lanternes.

Pour le cordage j’ai cousu à la machine les casiers après positionnement de la cordelette à l’aide de mon pied de fermeture à glissière et ça s’est très bien passé à part une petite sortie de route au début. J’ai trouvé le processus très agréable même si je suppose que ça l’est peut-être moins sur tout un jupon. ^^ C’est en tout cas une technique que je réemploierai certainement.

cordage du bonnet d'été 1850 par Mode d'Hier et d'Aujourd'hui
Cordage en cours

J’ai fait des finitions très propres à la main à l’intérieur du bonnet, toujours devant une série, pour prendre en sandwich les bords crus de la calotte entre les deux épaisseurs de la partie cordée.

intérieur et finitions du bonnet cordé 1850

Idéalement j’aurais préféré faire ce bonnet dans un coton imprimé, mais je n’en ai pas trouvé dans mon stock et je suis finalement assez contente du résultat.

devant de la robe populaire 1850

Je suis aussi particulièrement contente des photos que j’ai prises, toujours dans le jardin de mes parents, sur lesquelles on ne voit pas du tout la rue et le trottoir juste à côté ce qui n’était pas gagné ! ^^

Robe de travail 1850 costume populaire par Mode d'Hier et d'Aujourd'hui

J’espère en tout cas que ce très long article vous aura intéressé·e·s. Je reviens normalement la semaine prochaine avec un peu de couture moderne avant de m’attaquer aux retouches de mon corset 1880*.

À bientôt !

*Je porte en effet mon corset 1880 sous cette robe et je me suis aperçue qu’il était devenu beaucoup trop juste au niveau de la poitrine. Je vais donc entièrement le démonter et le retoucher pour y ajouter des goussets afin d’avoir une bonne base pour m’attaquer à la reprise de ma garde robe natural form.

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