Parlons un peu machines, matériel couture et minimalisme

Parlons un peu machines, matériel couture et minimalisme

Bonjour à toutes et tous ! Je m’écarte un peu de ma ligne habituelle aujourd’hui pour vous proposer un article de réflexions, que j’avais commencé cet été puis mis de côté. Je me suis dit qu’il pouvait malgré tout avoir un intérêt et nous permettre d’échanger sur le sujet.

À mesure que je découvre la communauté couture d’Instagram (notamment grâce aux chouettes sewinterviews de Louisette en Goguette), je suis frappée de voir que beaucoup de couturières qui, ayant commencé la couture il y a à peine un peu plus d’un an ou deux, sont déjà équipées comme des professionnelles, et cela me laisse souvent dubitative.

J’ai aussi entendu des couturières dire que le fait de ne pas avoir de surjeteuse était une caractéristique de débutant·e en couture, avec le présupposé, donc, que lorsque l’on a un peu d’expérience on est nécessairement suréquipé·e. Cette idée m’agace et j’avais envie de parler ici du matériel que j’utilise, moi, pour coudre mes vêtements et mes costumes.

J’ai commencé la couture en 2010 par des costumes historiques et quelques rares vêtements, mais ce n’est qu’en 2017 que j’ai véritablement décidé de me coudre intégralement ma garde-robe. Entre 2010 et 2015, j’ai cousu de façon intensive dans une boulimie d’envies de costumes, qui m’a passé depuis. Depuis 2017 j’ai à nouveau pas mal cousu, quoique de manière plus raisonnée afin d’être sûre de bien porter tous ces vêtements. Je n’ai pratiquement jamais parlé de mon matériel sur le blog, pensant que ça n’avait pas beaucoup d’intérêt, mais je me dis aujourd’hui que cela peut aider à dédramatiser la pratique de la couture.

Mon matériel de couture

J’ai commencé la couture avec la machine à coudre familiale de ma mère : une Singer mécanique des années 1970 ou 1980, qui était peu utilisée, mais qui avait déjà eu une vie bien remplie. Vu l’usage intensif que j’en faisais (les kilomètres d’ourlet de crinoline ont fini par avoir raison de son moteur), mes parents m’ont offert à Noël (2012 peut-être ?) une machine à coudre mécanique Brother entrée de gamme (précisément une XL 3600), qui me suis fidèlement depuis. Je ne vais pas vous mentir, j’ai déjà été tentée de m’offrir une surjeteuse (et même une machine à broder), mais compte tenu de l’investissement, je me suis à chaque fois demandée si la dépense en valait vraiment la peine – en avais-je vraiment besoin ? -, et la réponse a toujours été non.

Non, je n’ai pas besoin d’une machine à coudre plus sophistiquée ou d’une surjeteuse. Tout ce que je couds aujourd’hui est fait avec une machine entrée de gamme de 7 ou 8 ans d’âge et que je n’ai même jamais fait réviser. (Je ne dis pas qu’une révision ne lui serait pas bénéfique, mais enfin pour le moment elle fonctionne parfaitement)

Je ne doute pas qu’une surjeteuse change vraiment la vie, et peut-être qu’un jour je m’en offrirai une, mais cela m’agace quand je vois la débauche de machines de certaines couturières, qui véhicule cette idée qu’on ne peut pas se coudre des vêtements de qualité « professionnelle » sans matériel spécifique. Si par « qualité professionnelle » on entend la qualité du prêt-à-porter, je vous assure que si : une petite machine de base peut largement faire de plus jolies finitions que dans le prêt-à-porter. La qualité d’un vêtement vient du soin que la couturière lui accorde, bien plus que de la machine qu’elle va utiliser et pour ça, il n’y a pas vraiment de secret : le temps que l’on passe sur la pièce et l’expérience.

Après 10 ans de couture, voilà la liste du matériel que j’utilise au quotidien (quand je couds je veux dire) et dont personnellement j’ai du mal à me passer :

  • une machine à coudre (de base donc)
  • des aiguilles machine adaptées aux différents tissus
  • un pied presseur pour boutonnière
  • un pied presseur pour fermeture éclair
  • des épingles extra fines
  • des ciseaux de coupe réservés exclusivement au tissu
  • des ciseaux fins pour couper les petits fils et ouvrir les boutonnières
  • un découd-vite
  • un mètre ruban
  • une règle plate
  • des crayons de couleur pour marquer les pièces sur le tissu (ou un morceau de savon sec si le tissu est foncé)
  • ma pince Prym pour poser œillets, boutons pressions, boutons de jean…

Et c’est tout. Techniquement il n’y a pas besoin de plus et je dirais même qu’on pourrait faire avec moins. Ciseaux fins et découd-vite peuvent faire double emploi et la pince Prym est clairement un luxe.

Bien sûr, les gens font bien ce qu’ils veulent et ils et elles peuvent acheter du matériel sophistiqué s’ils en ont envie, mais cela me gêne de voir se diffuser l’image d’un loisir aussi consumériste alors qu’on peut faire beaucoup de choses en couture avec peu de matériel. La surconsommation à combattre ne se situe pas seulement au niveau de nos achats de tissu, mais aussi de tout le matériel que nous utilisons pour nos projets.

J’espère que cet article pourra vous inciter à mettre en perspective vos besoins réels si d’aventure vous étiez tenté·e·s par l’achat de nouvelles machines plus performantes alors même que la vôtre fonctionne encore très bien. J’espère aussi que celles et ceux qui ne se sont pas encore mis à la couture auront ainsi la confirmation que l’on peut se faire de jolies choses avec un investissement de départ limité. J’ai toujours le matériel d’une débutante en couture depuis 10 ans, et c’est largement suffisant !

Bien sûr, n’hésitez pas à réagir à cet article, notamment si vous n’avez pas le même avis que moi ! À bientôt. 🙂

Photo by J Williams on Unsplash

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6 thoughts on “Parlons un peu machines, matériel couture et minimalisme”

  • bonjour,
    J’ai commencé avec ma Singer « Prélude » (entrée de gamme). Je l’avais achetée sans savoir si coudre allait me plaire!!! Finalement je me suis prise au jeu et puis avec le temps j’ai sauté le pas de coudre mes costumes historiques.
    Très bien ma petite « Prélude » mais je me suis fait plaisir en m’achetant une machine à coudre un peu plus sophistiquée ! La Brother NV1100, mon noël il y a 2 ans. Je l’ai prise pour la largeur du plan du travail, je suis plus à l’aise à travailler avec les plusieurs mètres de tissu !!
    J’ai une surjetteuse, oui, mais c’est un cadeau … alors ça ne se refuse pas ^^ Je vais dire que c’est un gain de temps pour surfiler le tissu et pour coudre des panneaux de jupes ça va vite ^^. Mais je suis d’accord avec toi. Il n’y a pas besoin de matériel au top du top pour faire de jolies choses. Je fais partie d’une asso dans le costume historique et quand je vois les robes de mes copines bah on ne sait pas quelle machine il y a derrière et il y a de tous les modèles !!!
    Aaah le découd-vite, un indispensable pour une tête en l’air comme moi hihi
    Merci pour ton article !

  • Je suis assez d’accord avec toi, et pourtant je me suis offerte une surjeteuse, mais honnêtement on peut s’en passer. Mais à partir du moment où je n’achète plus aucun vêtement dans le commerce (à part les collants), je me suis autorisée ce luxe. Mais on est d’accord c’est un luxe. Je pense que l’effet instagram a encore frappé. On suit des personnes qui ont des machines magnifiques et on se dit qu’il nous faut la même. C’est la même chose pour les patrons ou les tissus. Moi je trouve ça fou de ne plus entendre parlait d’un patron après un ou deux ans. Alors qu’honnêtement ça ne se périme pas ! La surconsommation est partout et ce loisir devenu à la mode n’y échappe pas (on parle du nombre de marques de patrons indépendants qui a explosé ses dernières années ?!!)
    Merci pour ton article !

    • Oui, le nombre de marques de patrons est assez hallucinant. C’est vrai qu’il en faut pour tous les goûts (et toutes les tailles et morphologies) mais certains patrons se ressemblent tant que ça paraît presque absurde…

  • Oui c’est exactement ça, certains patrons se ressemblent beaucoup. A côté de ça je cherche un patron indépendant une jupe plissée un peu moderne, aux belles finitions et impossible à trouver (hors jupe à taille élastiquée). On a un peu perdu l’esprit communautaire qui semblait y avoir il y a une dizaine d’années (moi ça fait plutôt 4 ans que je couds vraiment), avec les pattern hacking, les billets de blog très complets…

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